Les obligations du banquier pdf

      Comments Off on Les obligations du banquier pdf

La grande majorité des banques se sont détournées de leur ancienne fonction de conseil et préfèrent aujourd’les obligations du banquier pdf traiter leurs prestations de service comme des produits à rentabiliser au maximum. Jouant du thème de l’autonomie du client, elles se défaussent sur lui du risque d’exclusion bancaire. Comment leurs salariés réagissent-ils face à cette nouvelle donne ?

En apparence, personne ne s’oppose à l’inclusion bancaire, censée favoriser l’inclusion sociale des personnes concernées et contribuer à la croissance économique en développant l’accès approprié aux services bancaires de ceux qui en étaient jusqu’alors exclus. Pourtant, promouvoir l’inclusion bancaire n’a rien de consensuel. Alors que cette thématique est souvent assimilée à une dimension secondaire de la lutte contre la pauvreté cantonnant les réponses bancaires apportées au sein des actions périphériques dites de responsabilité sociale des entreprises, s’interroger sur les moyens de sa promotion conduit en fait à questionner le cœur de l’activité bancaire. La thématique de l’inclusion bancaire conduit ainsi à remettre en question la vision d’une industrie bancaire au sein de laquelle les salariés en agence ne seraient que les rouages d’une mécanique bien huilée destinée à écouler toutes sortes de produits.

Les salariés de banque au cœur de l’inclusion bancaire Favoriser l’inclusion bancaire consiste à permettre à des personnes d’accéder à des produits bancaires pour faire face à leurs besoins. Il s’agit donc de proposer un accès approprié aux produits concernés comme le font couramment les salariés de banque. Pour identifier les causes de ces défaillances et comprendre pourquoi les salariés se trouvent dans une situation particulièrement inconfortable, il est nécessaire de définir ce que commercialisent les banques. Cette lecture est pourtant parfaitement erronée. L’organisation bancaire doit donc concilier la satisfaction des besoins du client et l’impératif de rentabilité découlant de la nature commerciale des établissements bancaires. Le rôle assigné aux salariés dans la résolution de cette équation est crucial. Celle-ci découle de la nature singulière et en partie subjective du résultat attendu.

Chacun de ces temps forts de la prestation implique que banquier et client parviennent à s’entendre en établissant langage et intérêt communs. Toutefois, une telle structuration de la prestation est particulièrement coûteuse pour l’établissement bancaire puisqu’elle requiert que le salarié passe du temps à échanger avec le client afin de parvenir potentiellement à s’entendre. La contrainte de rentabilité pesant sur ces établissements les a conduits à faire d’autres choix. Si l’expertise du banquier permet de déterminer en collaboration avec le client quels sont les produits les plus adaptés à ses besoins, l’analyse des bases de données portant sur la consommation bancaire des clients doit offrir une approximation satisfaisante et beaucoup moins coûteuse. L’action des salariés en agence s’est ainsi progressivement trouvée corsetée par de nombreux outils d’aide à la décision basé sur le scoring et de datamining. Le système informatique de l’établissement met à disposition du salarié un éventail de produits accessibles au client selon la note qu’il a obtenu au regard des expériences passées de clients au profil similaire.

Elle continue de se heurter à la caractéristique essentielle de la prestation de services bancaires : la singularité des attentes et besoins des clients et partant celle des effets utiles que cette prestation doit engendrer. C’est cette limite que la problématique de l’inclusion bancaire met en évidence. Recourir aux outils informatiques pour définir les contours de la prestation de services bancaires présente de nombreux avantages : les bases de données comportent un ensemble bien plus vaste de clients que l’expérience du banquier, les éventuels préjugés ethniques ou de genre sont neutralisés, la décision est rapide et peu coûteuse, etc. En revanche, dès que la situation du client ou le produit désiré se complexifie, la pertinence des réponses issues de l’analyse des bases de données diminue fortement. Ces résultats désastreux de l’influence des objectifs commerciaux de court terme et de la négation de l’expertise des salariés en agence au profit de l’analyse des bases de données, s’expliquent par l’irréalisme d’un postulat à la base du discours marketing : les clients sont responsables de l’évaluation de la pertinence des solutions bancaires qui leur sont proposées.